En novembre, Palma retrouve son rythme d’avant les grands paquebots : les terrasses du Passeig del Born se libèrent, les files d’attente disparaissent devant la cathédrale, et la ville redevient traversable à pied sans jouer des coudes. Côté météo, le mois marque une transition douce : les journées restent le plus souvent clémentes, mais les averses se font plus fréquentes qu’en été, ce qui rend les visites à l’abri, cathédrale, musées, marchés couverts, particulièrement bienvenues sur l’île.
La Seu, sans la foule
La cathédrale Sainte-Marie de Palma, que les habitants appellent La Seu, reste ouverte à la visite tout l’hiver, avec des horaires resserrés par rapport à l’été. Elle vaut justement le déplacement en novembre : chaque 11 du mois, en fin de matinée, le soleil traverse la grande rosace est et projette son reflet sur la rosace ouest, superposant un temps deux cercles de lumière sur les dalles de la nef, un phénomène que l’édifice partage avec très peu de cathédrales gothiques.
Un château et un musée qui ne ferment pas
Le Castell de Bellver, forteresse circulaire du XIVe siècle qui domine la baie depuis sa colline boisée, reste accessible en hiver et se découvre sans la chaleur ni la cohue de juillet. Le musée d’histoire de la ville qu’il abrite se visite à son propre rythme, et les sentiers qui ceinturent la colline offrent une vue sur Palma que les visiteurs d’été, pressés par le soleil, prennent rarement le temps de chercher.
Plus près du front de mer, la Fundació Pilar i Joan Miró, installée dans l’atelier que le peintre catalan Joan Miró a fait construire à Cala Major, garde ses horaires toute l’année et se visite sans réservation obligatoire hors saison.
Le vieux Palma, à l’abri des giboulées
Le centre historique, entre la cathédrale et la place Major, se prête bien à ces averses plus fréquentes qu’en été : les Banys Àrabs, vestiges rares de l’occupation maure de l’île nichés dans un petit jardin, se visitent en quelques minutes à l’abri des grosses gouttes, et les ruelles étroites du Barri Antic protègent naturellement du vent qui souffle parfois plus fort sur le front de mer en cette saison.
Le marché, meilleur indicateur de la vie locale
Le Mercat de Santa Catalina, dans le quartier du même nom, reste le meilleur endroit pour prendre le pouls de la ville hors saison : les étals de poisson et de charcuterie locale tournent au rythme des habitants plutôt qu’à celui des groupes, et les bars à tapas alentour restent ouverts toute la journée sans la file qui les encercle en août. C’est là, plus que sur le front de mer, que se lit l’art de vivre insulaire une fois les touristes de l’été repartis.
Ce qui reste fermé
En contrepartie, certaines terrasses de plage et une partie des locations saisonnières de bord de mer ferment en novembre, faute de fréquentation suffisante pour rester rentables. Mieux vaut donc loger dans le centre historique, où les patios ombragés bordés d’azulejos et de céramiques locales continuent d’animer les ruelles, plutôt que miser sur un quartier balnéaire qui tourne au ralenti hors saison.




